17 Octobre 1806, coup de tonnerre en Haïti, Jean-Jacques Dessalines, le Père de la patrie haïtienne est assassiné à la suite d’un complot ourdi par des généraux haïtiens dont Pétion et Christophe. Beaucoup d’historiens haïtiens et étrangers ont analysé les causes de cet acte crapuleux. Cependant, on ne trouve presque pas de textes traitant des conséquences sociohistoriques de cet assassinat.
213 après, l’Organisation de Gestion de la Destination Nord d’Haïti (OGDNH) pour sa part, entend susciter un débat autour des conséquences de ce parricide. En effet, à travers les lignes qui vont suivre, vous conviendrez peut-être qu’avec la mort de Dessalines s’est dessiné un autre pays au destin tumultueux : d’abord un schisme puis des luttes successives, sanglantes, fratricides, sans merci pour le pouvoir. Cette mort brutale a causé l’éclatement de la famille impériale et a aussi laissé des brèches pour l’ingérence étrangère et nous a légué surtout un tissu social obéré et grevé d’hypothèques aux conséquences multiples.

  • LA BALKANISATION DU TERRITOIRE NATIONAL

S’ils ont su comploter pour assassiner Dessalines, les généraux insurgés n’arrivent pas à se rallier autour d’un seul et même chef. Deux camps se forment au profit de leurs intérêts personnels. La lutte pour le pouvoir est sans pitié. La guerre civile s’ensuivit et Le pays sombre dans une division territoriale. D’une part, le Roi Henri Christophe, de 1807 à 1820 régna sur les départements du Nord, du Nord- Ouest -de l’Artibonite, du Centre et du Nord -Est. Alors que Alexandre Pétion gouverne les parties de l’Ouest et du Sud en président constitutionnel, soutenu par les hommes de couleur.

  • L’ASSASSINAT DE CERTAINS HEROS DE L’INDEPENDANCE

Après la mort de l’Empereur Dessalines, des généraux qui lui sont fidèles comme Romain, Boisrond Tonnerre et Cappoix Lamort furent lâchement assassinés.

  • NOUVELLE INGERENCE DE LA FRANCE

La guerre entre Pétion et Christophe fit en quelque sorte l’affaire de la France. En effet, les anciens colons sautèrent sur l’occasion pour encourager la guerre civile qui s’ensuivit, armant les deux parties pour qu’elles se tuent le plus possible. En 1809, le général Barquier, commandant des forces françaises à Santo-Domingo enverra Jean-Jacques de la Martellière espionner à Curaçao sur la situation en Haïti. Il lui fit un rapport dans lequel on lit «L’affaiblissement du parti de Pétion m’a paru nuisible aux intérêts de la France et il serait à désirer, je pense, qu’on pût donner à ce parti une force suffisante pour qu’il continuât à lutter avec celui de Christophe. On prolongerait ainsi cette guerre intestine dont tous les résultats sont pour nous »

  • LA DISLOCATION DE LA FAMILLE IMPERIALE

L’Impératrice et les 23 enfants de Dessalines nés avant et pendant son mariage durent s’enfuir et connurent une fin de vie très difficile, truffée d’humiliation et d’indignation.

  • LA REORIENTATION DE LA QUESTION AGRAIRE

Les quatre principaux généraux de la guerre l’Indépendance ne partageaient pas la même vision sur la question agraire. Tandis que Toussaint, Christophe et Pétion acceptèrent que la quasi totalité des terres soit accordées aux grands généraux Dessalines, lui , était contre l’exclusion des masses noires de la question agraire.
Le projet de justice sociale a été totalement effondré et enseveli avec les restes mutilés du général et remplacé par un autre qui soit au profit des élites prédatrices et insatiables

“Comment serait ce pays si Dessalines n’était pas lâchement abattu?” Il est un fait presque indéniable, que toutes les dérives que connaissent Haiti sont les conséquences de cet acte odieux et déraisonnable. À maintes occasions, les comportements des haïtiens ont invité des armées et institutions étrangères à s’ingérer dans les affaires nationales.

Écrit par:
Yvon Charles
Médiateur Social & Culturel
OGDNH
Organisation de Gestion de la Destination du Nord d’Haïti

 


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