Grâce à un appel de projets de coopération du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, la Société du réseau ÉCONOMUSÉE® (SRÉ) a entrepris une nouvelle phase de son expansion internationale. En Haïti cette fois. Avec le CECI (Centre d’étude et de coopération internationale) et l’organisation de la gestion de la destination Nord d’Haïti (Historic Haïti), l’équipe implante le concept au sein d’une entreprise et d’une coopérative de la région de Cap-Haïtien. Le projet d’ensemble de développement de l’offre touristique dans cette région se met en place depuis 2011. Il mise sur des organisations locales en mesure de faire rayonner la culture et les savoir-faire. Une initiative qui ne peut qu’avoir des retombées positives sur les entreprises et la population locales.

Après un premier repérage effectué par Carl-Éric Guertin, directeur général de la SRÉ, Gynette Tremblay s’est rendue en Haïti à titre de chargée de projet. Sa première mission a été d’évaluer la faisabilité de la présélection. Quelques Haïtiens sont également venus au Québec où ils ont pu rencontrer des artisans et échanger sur leurs expériences respectives.

Au cours des prochains mois, l’ethnolinguiste séjournera à deux reprises dans l’île : « Mon intérêt est toujours le même, quel que soit l’artisan. Et je constate que leurs préoccupations se rejoignent, où qu’ils vivent. Il s’agit pour moi de les aider à améliorer leur produit et à structurer l’accueil. Avec le CECI, tout est passé en revue. L’ONG les aide dans l’aménagement de leurs installations ; de mon côté, je les soutiens dans l’organisation des lieux de production, je les incite à mettre en lumière leur histoire, à la raconter. »

Elle insiste sur l’importance d’attirer des visiteurs, plus que des touristes. Pour que la population locale s’approprie les lieux et redécouvre ses racines : « Notre approche commune est globale et touche tous les aspects des opérations

À moyen terme, la Distillerie LaRue, l’entreprise solidement implantée par la famille Nazon, profitera des conseils d’experts en matière de diffusion de la connaissance. On y fabrique du clairin, une eau-de-vie de canne à sucre typiquement haïtienne. L’implantation d’un économusée dans cette entreprise de troisième génération fera connaître le procédé, la boisson et, plus que tout, témoignera  de l’importance des « godiveries », ces installations traditionnelles de distillation de l’alcool.

Quant à la Poterie artisanale de Lory, spécialisée dans la fabrication de briques, d’ardoises et de poteries, l’aménagement d’un économusée permettra de bien saisir l’importance de l’argile dans la construction de maisons et la tradition du façonnage de poteries. La coopérative fournit de l’emploi à près de quatre-vingts personnes, dont la moitié sont des femmes. De l’extraction de l’argile au façonnage et à la décoration des pièces, le visiteur découvrira l’importance de cette activité dans l’économie locale. Déjà, la formation des interprètes est en cours.

Gynette Tremblay profitera de ses séjours en terre haïtienne pour pousser plus à fond les recherches et identifier d’autres projets potentiels.

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Economusée 2017 – Haïti, Nou Kontan wè ou!